Une seconde grossesse bien différente

lundi 7 août 2017


Après avoir accouché de ma fille, j'ai rapidement - et naturellement - parlé de ma première grossesse comme "la période la plus heureuse de toute ma vie". Et c'était vrai. Le fait de porter cette petite vie en soi, les hormones, l'attente délicieuse d'un événement aussi heureux qu'extraordinaire, tout était pour moi un ravissement. J'ai donc projeté sur cette seconde grossesse de nombreuses espérances quelque peu naïves. Si le bonheur de sentir grandir en soi un petit être est tout aussi transportant, il va de soi que mon corps et mon esprit, quatre années plus tard, réagissent d'une manière nouvelle.
Il serait faux d'affirmer que cette grossesse est plus pénible que la première (bien que j'ai dû faire face à une interminable période de nausées assez intense jusqu'à... il y a encore peu de temps). Plutôt, cette seconde maternité est comme une version amplifiée de ce que j'ai pu vivre il y a quelques années.

Si j'ai été confrontée aux redoutées nausées de la femme enceinte pour ma fille, j'avais tout de même été capable de travailler, et aucun malaise vagal n'a pu me contraindre à abandonner mon poste ou à renoncer à un repas. Cette fois-ci, dès la troisième semaine de grossesse - également en poste - j'ai ressenti un mal-être tel que les chutes de tension me clouaient parfois à terre sur le carrelage de la salle de bain. Je pouvais reposer là, transpirante, haletante et à moitié aveugle pendant plusieurs minutes avant de retrouver mes esprits. C'est ainsi que j'ai dû mettre fin à une aventure professionnelle plus tôt que prévu, je me retrouvais dans l'incapacité totale d'effectuer les 45min de trajet (en voiture) aller et retour sous peine de m'évanouir en pleine rocade bordelaise. 


Etant une personne plutôt anxieuse de nature (avouons-le), j'avais souvent craint la fausse-couche les trois premiers mois lorsque j'étais enceinte de ma fille. D'ailleurs, j'en avais fait un article. Cependant, la suite de la grossesse se déroulant aussi bien qu'on pouvait le désirer, mes angoisses s'étaient hâtivement dissipées. Concernant cette nouvelle grossesse, j'ai tout simplement su me montrer intenable, irraisonnée et suspicieuse au possible. Par deux fois j'ai même réussi à annoncer au papa que la grossesse s'était arrêtée (en étant persuadée moi-même et avant tout avis médical, évidemment). Résultat, me voici incollable sur tous les potentiels signes d'alerte de fausse-couche, diabète gestationnel, infection urinaire, décollement, contraction, fissure de la poche, hypertension et j'en passe. Aussi, me faut-il avouer que le fait d'apprendre l'existence du fameux CMV (dont je refuse de traiter ici tant il peut être angoissant pour les futurs mamans) est venu compliquer ma quête de zénitude. Néanmoins, depuis que les mouvements de mon enfant ont fait leur apparition... un apaisement certain s'est fait sentir. 

Ces mouvements d'ailleurs. Comme ils ont pu se manifester tôt ! A ma grande surprise, j'ai pu découvrir les galipettes de notre second bébé dès 15 semaines aménorrhées... et les faire partager à l'entourage un mois plus tard. Aujourd'hui, à quasiment 5 mois de grossesse, les coups sont extrêmement puissants et nets, ils sont décelables rien qu'en regardant la surface de mon ventre. Pour ma fille, à ce stade, j'expérimentais encore les "premiers coups". 

Enceinte de ma première, je n'ai finalement pris que 13kg alors que mon poids de départ étant relativement faible vis-à-vis de mon poids de forme. Ce coup-ci, je suis partie avec quelques réserves, mais cela n'a pas empêché la balance de s'affoler bien tôt. En effet, à quasiment 5 mois de grossesse aujourd'hui, je pèse déjà le poids que je faisais lorsque j'étais enceinte de 8 mois pour la première. Disons qu'il m'est tout bonnement impossible de réduire l'apport calorique actuel, sous peine de faire face à de sévères crises d'hypoglycémie. Mon corps réclame, et je refuse de me priver en cette période si importante de ma vie. Tant pis pour les statistiques chéris des gynécologues. 

Un pressentiment.
La première fois, mon entourage (le futur papa compris) pressentait que le merveilleux petit être qui grandissait en moi était une fille. Pour cette deuxième aventure, l'ensemble de notre famille ose croire que notre bébé aura tout d'un petit garçon... Nous aurons la réponse bien vite, d'ici quelques jours. N'ayant absolument aucune préférence, j'accueillerai la future nouvelle avec la plus grande joie qui soit, peu importe si mon bébé est encore une incroyable petite fille ou un fabuleux petit garçon :) 


Enfin, ce qui diffère tant dans cette seconde grossesse, c'est la présence de mon enfant et son accompagnement quotidien au fil de cette aventure qui lie notre famille... Cette petite fille si douce qui a déjà tout de la grande sœur rêvée. Ce que je n'avais pas lorsque j'étais enceinte d'elle, c'est la main d'un tout petit qui vient volontairement se poser sur mon ventre et chuchoter des mots doux, c'est cette même petite fille qui me demande la taille du fœtus semaine après semaine, qui prévoit des jouets dans sa chambre "pour les donner au bébé", qui me rappelle qu'il faut bien manger "pour le bébé", qui refuse désormais que je la porte pour "ne pas écraser le bébé", qui m'impressionne et grandit chaque jour un peu plus... Quelle fierté, quelle merveille.
Et bien entendu, ce qui ne change pas lors de cette seconde grossesse, c'est le soutien et l'amour de mon mari, indéniablement la meilleure nourriture de toute femme enceinte :) 


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